18 avril 2005

Odeur de sainteté

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Au Centre Pompidou, dans le Musée national d’art contemporain, un espace est réservé à Daniel Pommereulle . Dans cet espace,hormis les tableaux sur les murs,  seules deux œuvres sont placées sur le sol : un rouleau de fil de fer barbelé peint en bleu et son célèbre « Toboggan » de 1974 en marbre et acier.

Cela pourrait sembler peu et laisser l’espace vide.

Pourtant, les œuvres de Daniel Pommereulle, comme toujours, irradient l’espace alentours. Il s’en faudrait de peu pour que le service de sécurité du musée place des barrières de protection autour des  œuvres. J’imagine que cette idée aurait plu à l’artiste toujours friand de poser un regard iconoclaste sur les institutions.

Nous mettant toujours en danger avec la réalité de ses œuvres, Daniel Pommereulle,

fut classé comme " objecteur ". Lors de l’entretien avec lui pour l’Encyclopédie, je rencontrai un artiste désabusé qui semblait souffrir d’un oubli du moment alors que son œuvre annonçait si bien le développement d’un art « relationnel ».
Si cette salle du Centre Pompidou replace Daniel
Pommereulle en odeur de sainteté , nul doute qu’il aura eu à cœur de se confectionner un auréole en barbelés.

 

Claude Guibert 

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