31 mars 2007

Jean-Charles Blais

Dans les années Quatre-Vingt, Jean-Charles Blais fut associé au mouvement de la Figuration libre. Avec le recul, cette proximité avec des artistes tels que Combas ou Di Rosa semble quelque peu dépassée. Bien sûr, le cas n’est pas unique. Yves Klein était-il un nouveau réaliste comparé à Arman ou Spoerri ?
Il est vrai que, par les moyens utilisés, Jean-Charles Blais recourait, à l’époque, aux matériaux de la rue en peignant sur des affiches déchirées. Il était assurément plus proche, à ce moment là, des graffitis que des chevalets du peintre. Son succès avec ces peintures sur affiches fut rapide et impressionnant.
Lorsqu’il accepta de venir témoigner pour l’encyclopédie, Jean-Charles Blais, dépassant cette période faste, se retrouvait en position de recherche nouvelle. Cette recherche n’était pas encore décantée.
On sait maintenant que le peintre a troqué l’affiche ou le mur pour l’innovation technologique. C’est en effet vers une image numérique mobile que son travail s'est orienté. Le projet associe une technologie et une démarche dans la relation au public. L’œuvre, enregistrée sur DVD, prend vie sur un téléviseur et propose un tableau vivant à durée indéterminée.
On mesure à la fois le chemin parcouru et le risque pris. Il n’est pas simple de voir son travail prendre des voies nouvelles après avoir été reconnu dans une autre. Il n’est pas facile non plus de proposer une nouvelle relation à l’œuvre pour un public amateur d’art.
Observant les œuvres récentes de Jean-Charles Blais, il m’a semblé également revoir ce que les artistes lumino-cinétiques proposaient quarante ans plus tôt, avec, eux aussi, l’ambition de modifier la relation du spectateur à l’œuvre et du marché à l’œuvre. Cet objectif, avorté quarante ans plus tôt, serait-il devenu celui du temps présent ?

 

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