31 mars 2007

Louis Cane

Il y a des portraits pour lesquels il faut avancer avec prudence. Pour ce qui est de Louis CANE, il y a toutes les raisons pour être vigilant. Cet artiste, au temps du groupe SUPPORTS/SURFACES, fut cofondateur et rédacteur en chef de la revue "Peinture, Cahiers Théoriques" , revue où la richesse intellectuelle allait de pair avec une exigence voire une intransigeance qui rebuta certains, même parmi les peintres du groupe.
Louis CANE, avec cette démarche intellectuelle et une carrure de rugbyman, impose le respect à tous points de vue.
Donc le portrait de Louis CANE, c’est ce cheminement exigeant de quelqu’un qui aime la peinture dans une époque qui l’aime moins.
On sait que certains des peintres qui avaient participé à cette table rase de la période SUPPORTS/SURFACES , se sont employés, par la suite, à réinvestir l’histoire de la peinture ; je pense, notamment à Jean-Pierre PINCEMIN. C’est aussi le cas de Louis CANE depuis près de trente ans.
Au début des années quatre-vingt-dix, Cane revisite Monet, et réalise un ensemble de nymphéas, peints sur toile, soie, verre ou grillage, assemblés en polyptyques ; il les expose en 1994 au musée de l’Orangerie à Paris.
Pour son entretien, Louis CANE dresse un tableau sans complaisance sur l’art de son temps, au risque de paraître, encore, intransigeant. Je crois que l’artiste n’en a cure.
Il ne néglige pas ses efforts pour donner à cet entretien la meilleure portée et propose de revenir une nouvelle fois pour compléter le discours, ce que nous avons fait quelques jours plus tard.
Louis CANE, trente cinq ans après SUPPORTS/SURFACES, est en éveil, prêt à pourfendre ceux qui auraient décidé la mort de la peinture.

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