31 mars 2007
Lydie Arickx
Il est plus fréquent de décrire la longue marche des artistes pour aboutir à tracer leur sillon que de souligner leur facilité. Chez Lydie Arickx tout semble facile, aller de soi. Lydie Arickx peint comme elle respire, sans donner le sentiment de faire un travail. Cette aisance innée pourrait agacer plus d’un peintre quand on sait ce que peut représenter comme difficulté, chez beaucoup d’entre eux, pour avancer sur le chemin de la Création. Puisque tout est facile, l’artiste passe de la peinture à la sculpture avec autant d’aisance. Cette légèreté, cette avancée dans l’art sur un chemin aussi limpide me semble contraster violemment avec l’expression de son art. Car l’œuvre de Lydie Arickx est faite de tensions, de luttes ; les corps expriment la douleur ; crucifixion, tauromachie, la torture et la mort sont présentes de manière lancinante dans ses tableaux. Les mots qui reviennent à son sujet dans les textes d’observateurs témoignent : « volcan, forces telluriques, corps de séisme, pléthore de vie, de mort, outrance ». On pourrait multiplier les exemples qui renforcent l’impression de violence permanente exprimée par sa peinture.
Si bien que la jeune femme souriante qui s’exprime très calmement sur son travail semble à l’opposé de son univers de peintre. Lydie Arickx continuera donc à prendre à contre-pied ses interlocuteurs ; et quand, avant de quitter notre studio, elle accepte de laisser une trace sur le livre d’Or de l’Encyclopédie, le geste, encore une fois, témoigne : Lydie Arickx , à défaut de pinceaux et de peinture, prend un peu d’encre sur ses doigts et en quelques gestes rapides, montre, une fois de plus, cette insolente facilitée pour peindre comme elle respire.
11:05 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Écrire un commentaire