31 mars 2007

Pierre Célice

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C’est grâce à un autre peintre que j’ai fait la connaissance de Pierre Celice et de son œuvre.
Il est vite apparu, au fil de l’entretien vidéo, que l’artiste portait en lui un passé complexe et une oeuvre authentique.
Le passé, il s’en explique en décrivant son retrait à la campagne dans les années Soixante dix, puis sa réapparition au début des années Quatre vingt.
Au début des années Soixante dix, il brûle plusieurs années de peinture et ne se retrouve en accord avec son travail que vers 1978. Pierre Celice a besoin du geste, du signe. Mais il ne s’agit pas d’un automatisme ni d’un hasard. Tout est préparé par de nombreux croquis, même si le travail d’une toile se fait sans repentir.
A la fin du tableau « c’est bon ou c’est mauvais ; si c’est mauvais, je le détruis. »
Cette exigence est mise au service d’une œuvre rigoureuse, sans compromis avec toutes les difficultés d’une telle situation. « Claustra », « pattern », je laisse aux critiques d’art le soin d’analyser le tableau. Je retiens, pour ma part, les contraintes de cette liberté chèrement acquise. Cas unique dans l’Encyclopédie, nous avons tourné, dans son atelier, la réalisation entièrement d’un tableau. Le temps prend, dans ces conditions, une épaisseur particulière. Dans l’atelier, nous avons tous travaillé dans le silence, pour ne pas dire le recueillement.
Dans ce registre, Pierre Celice me confie qu’il souhaite proposer aux spectateurs de ses tableaux « une méditation joyeuse ».

Claude Guibert


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