01 avril 2007
Albert Feraud
Albert FERAUD est académicien. Il porte l’habit vert et l’épée. Si j’évoque en premier cette image de l’artiste, c’est que, le recevant au studio d’IMAGO, cette projection de l’académicien sur le sculpteur semblait très étrange.
Cet homme tranquille, débonnaire, fut un des tous premiers artistes, en 1994, à venir au studio d’imago pour l’entretien vidéo. Son témoignage sur la démarche de ces artistes « récupérateurs » dont il faisait partie avec notamment ses amis CESAR et GUINO, présentait un intérêt tout particulier. Pour ces artistes ne pouvant s’offrir, dans leurs années de jeunesse, les matériaux nobles comme le marbre ou le bronze, les chutes de métal, les rebuts divers devenaient source de création.
Albert FERAUD me raconta avec beaucoup de simplicité cet itinéraire singulier ou les casses de voitures en banlieue parisienne remplaçaient les carrières de Carrare.
Mais c’est surtout dans son atelier de Bagneux que l’habit vert semblait de trop.
Engoncé dans ses habits de forgeron, la tête couverte par le heaume du soudeur, Albert FERAUD régnait sur un univers de machines industrielles, prêtes à emboutir, couper, casser.
A l’intérieur comme à l’extérieur de l’atelier, sculptures achevés, ferrailles abandonnées vivaient en bonne entente. Albert FERAUD vivait sur cette frontière entre le déchet et l’œuvre, entre le hasard et la création.
Lorsque, pour l’entretien vidéo, il avait quitté le studio, je le retrouvai quelques instants plus tard, dans le passage de notre immeuble: Il venait de découvrir, dans l’amoncellement d’un débarras sur le trottoir, de nouveau trésors pour travailler demain.
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