C'est dans son atelier d'Arcueil, où Claude VISEUX habitait encore à l'époque de ce tournage avec lui, que ses œuvres se laissaient surprendre, placées çà et là dans son jardin. Curieux spectacle que ces germinations métalliques surgissant au détour d'une allée, comme autant de fantômes d'une industrie improbable qu'un savant fou aurait tenté de maîtriser.
Car, si ces œuvres en acier inoxydable ont le fini parfait d'une production industrielle, elles manifestent néanmoins leur inutilité technique, leur volonté de tromper le regard, jouant sur un déséquilibre, une croissance inattendue , soumises à une génétique incontrôlée.
Claude VISEUX, dans son témoignage en studio, nous décrit sa recherche prolifique. En effet,c'est bien un chercheur infatigable qui s'est d'abord dirigé vers la peinture pour aborder , au début des années 1970 la sculpture avec ces "structures actives" en acier inoxydable procédant de la production industrielle de série, par familles de formes combinatoires composant par addition, soustraction, multiplication, division, des dispositifs qui s'hybrident par greffes successives.
Parfois même l'œuvre devient sonore si on veut bien la bousculer. Dans son jardin d'Arcueil, Claude VISEUX nous donne un aperçu de ce concert de sculptures.
Le temps a passé; l'artiste est revenu vers le dessin, la peinture. Mais ces sculptures , érigées dans les villes, sont autant de clins d'œil incongrus à la civilisation industrielle, anti-design, non rentables.
Si, comme l'écrivait Jacques PREVERT, les architectes contemporains ont mis une fleur à leur bétonnière, Claude VISEUX , lui aussi architecte de formation, a créé des fleurs étranges , tressant une couronne iconoclaste à la reine industrie.
02 avril 2007
Claude Viseux
11:29 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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