02 avril 2007

Daniel Spoerri

Retour à l'encyclopédie

Quand il arrive dans notre studio, Daniel SPOERRI s'impose immédiatement par sa carrure, sa voix, sa personnalité forte. Sa façon de s'installer dans nos murs annonce la couleur: comme pour le grand fauve dans une cage, il faut savoir respecter une distance si l'on ne veut pas risquer un coup de griffe dévastateur.
Mais, comme l'artiste est également curieux de tout, ouvert et toujours en éveil, il sait également s'intéresser à notre démarche et accepte de se prêter à nos conditions de travail.
Notre curiosité n'est pas moins grande que la sienne, car la diversité de son œuvre attire une multitude de questions.
On connaît ses tableaux pièges, ses travaux collectifs avec les nouveaux réalistes, ses inventions dans le "eat art".
Sur tout cela Daniel SPOERRI s'explique volontiers, sur cette singulière évolution qui fit d'un premier danseur à l'opéra de Berne un membre éminent des nouveaux réalistes.
Je ne résiste pas à citer dans cette note ce "dîner des riches et des pauvres" organisé par l'artiste: dans un repas-loterie( chaque convive ayant payé une somme identique, forfaitaire) le hasard du tirage au sort apportait aux uns un repas de riche et aux autres un repas de pauvre…
C'est ce regard décapant sur le monde qui me semble caractériser le mieux Daniel SPOERRI. D'entrée, il avait fallu éviter ce risque de décapage, car l'artiste peut dégainer à tout moment.
De notre studio, l'homme à la voix portante et au regard incisif est parti vers de nouvelles curiosités. L'artiste aux tableaux -pièges s'en est allé, rassuré, je pense, sur ce qui n'avait pas été un entretien-piège mais un moment de témoignage authentique par un artiste toujours aux aguets.


copyright
Logsc9

Écrire un commentaire