02 avril 2007
Jacques Villeglé
Lorsqu'en 1995 Jacques VILLEGLE est venu nous rendre visite en voisin, puisqu'il habitait à quelques rues de notre studio, je savais combien cet artiste pouvait nous apporter un témoignage précieux, compte tenu à la fois de son œuvre personnelle et de sa participation au groupe des nouveaux réalistes.
D'entrée, l'artiste , avant l'entretien, manifesta son désappointement à l'égard des institutions qui, selon lui, le négligeaient. Je crois qu'au cours de ces dix dernières années, les choses ont bien évolué et Jacques VILLEGLE a été exposé comme c'est justice.
Dans son entretien, il nous décrit avec précision son chemin, commencé avec Raymond HAINS à l'Ecole des beaux-arts de Nantes, puis la découverte des lacérations d'affiches.
Ces pratiques, aujourd'hui comprises et accueillies par les musées, représentaient à une époque où "on n'avait pas entendu parler de SCHWITERS" , une audace certaine, et plaçaient leurs auteurs en marge des salons et des institutions.
Une autre difficulté est venue troubler le jeu de l'affichiste.
S'il était facile, il y a vingt ou trente ans, de trouver de nombreuses affiches placardées sur les murs des villes, depuis, les supports ont évolué et l'affichiste est à court d'affiches.
Peut-être que le second aspect de son œuvre est moins connu: Jacques VILLEGLE a inventé un alphabet plastique original, dont il est le seul utilisateur et qui lui sert à composer des phrases hérissées de signes inaccoutumés.
Cet aspect "lettriste" de Jacques VILLEGLE conforte le caractère iconoclaste de Jacques VILLEGLE , jouant à perturber notre lecture de signes après avoir détèrioré avec bonheur la signalétique urbaine de nos affiches.
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