02 avril 2007

Jean Verame

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S'il est habituel de rencontrer les artistes, notamment les peintres, dans le silence et le calme de l'atelier, on sait bien que d'autres ont besoin d'une toile à l'échelle du paysage.
A l'évidence, Jean VERAME appartient à la deuxième description. S'y ajoute, assurément, des qualités particulières d'organisateur.
S'il fut attiré par la peinture, très vite le terrain de jeu de Jean VERAME devient la nature, pour ne pas dire la planète.
C'est le début d'une histoire où sur les plages, les montagnes, les déserts, les canyons, l'artiste inscrit son passage par une action peinte, démesurée, à l'échelle de cette toile sans fin.
J'ai parlé d'organisateur. En effet, Jean VERAME a dû faire preuve de qualités particulièrement affirmées pour convaincre, obtenir les moyens logistiques, les aides matérielles et humaines pour mener à bien de tels projets. Peindre dans le désert du Sinaï, en Egypte, sur le plateau de Hallaoui, douze zones réparties sur 80 km2 n'est pas un geste anodin. Il faut une volonté et une énergie solides pour faire aboutir une telle idée.
Un mot sur le projet qui m'apparaît comme le plus insensé : Jean VERAME conçoit et fait réaliser en bronze, mille pièces en 1995 et fait lancer ces mille bronzes en cinq vols successifs dans les sables du Sahara.
Ce geste à la fois gratuit et fort coûteux est-il réduit au néant par son enfouissement dans le désert, peut-être hors de toute voie de circulation ?
Je dois témoigner, pour l'anecdote, avoir reçu un jour un message d'une personne qui, ayant trouvé un de ces bronzes dans le désert du Sahara, sans connaître ni l'auteur ni la raison de cette présence, m'interrogeait pour tenter d'en savoir plus. Je le dirigeai aussitôt vers Jean VERAME, certainement heureux de voir atteindre leur but à ces bouteilles jetées à la mer de sable.


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