02 avril 2007

Le groupe Supports/surfaces

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Dans la note précédente, j'évoque la disparition de Jean-Pïerre PINCEMIN. C'est l'occasion pour revenir sur le groupe SUPPORTS/SURFACES auquel PINCEMIN a participé.

Le texte ci-dessous , de Nezemi Dumousseau , évoque l'histoire de Supports/surfaces.

" En juin 1969, lors d'une exposition au musée du Havre intitulée « La peinture en question », Louis Cane, Daniel Dezeuze, Patrick Saytour et Claude Viallat déclarent: « L'objet de la peinture, c'est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu'à eux-mêmes. Ils ne font point appel à un "ailleurs" (la personnalité de l'artiste, sa biographie, l'histoire de l'art, par exemple). Ils n'offrent point d'échappatoire, car la surface, par les ruptures de formes et de couleurs qui y sont opérées, interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur. La peinture est un fait en soi et c'est sur son terrain que l'on doit poser les problèmes.
Il ne s'agit ni d'un retour aux sources, ni de la recherche d'une pureté originelle, mais de la simple mise à nu des éléments picturaux qui constituent le fait pictural. D'où la neutralité des oeuvres présentées, leur absence de lyrisme et de profondeur expressive. » Sur le plan formel, Claude Viallat résumait clairement leurs travaux : « Dezeuze peignait des châssis sans toile, moi je peignais des toiles sans châssis et Saytour l'image du châssis sur la toile. »
Le groupe " Supports/Surfaces " fut un mouvement éphémère: La première exposition du groupe se tient en 1969 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris. Elle regroupe des artistes privilégiant la pratique de la peinture qui interroge ses composants élémentaires. Remettant en question les moyens picturaux traditionnels, ces artistes associent à cette recherche une réflexion théorique et un positionnement politique au sein de la revue "Peinture- Cahiers théoriques." Des dissensions apparaissent entre les membres du groupe et la scission arrive en 1972 .(…)
Dés 1966 le support traditionnel est remis en question : Buraglio récupère des morceaux de toile et des éléments de fenêtre qu’il assemble. Dezeuze dissocie la toile du chassis. Viallat emploie des matériaux de récupération, toiles de bâche, parasols, tissus divers, corde nouée ou tressée. Il restera ensuite jusqu’à nos jours fidèle à ces supports. Bernard Pages et Toni Grand travaille sur le bois et les cordes. Jaccard utilise des cordes nouées pour imprimer leurs empreintes sur la toile, qu’il expose simultanément avec les cordes qui ont servi d’outils. Enfin Rouan peint deux toiles qu’il découpe et tresse ensemble. Saytour revisite la technique du pliage
Pincemin et Viallat répètent de façon neutre le même motif. Cane utilise des tampons et Viallat applique de la couleur au Pochoir. De plus Meurice et Viallat utilise des colorants destiné à l’artisanat. Toutes ces pratiques témoignent de la volonté d’un retour au geste primitif."

Jean-Pierre PINCEMIN était le benjamin du groupe et portait, comme sur beaucoup d'autres choses, un regard distant sur cette période de son activité. Dans l'entretien vidéo réalisé avec lui pour l'Encyclopédie, il décrit avec humour la façon dont il avait vécu ce moment de travail.

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