02 avril 2007

Vladimir Velickovic

La poursuite de l'investigation auprès des artistes s'apparente parfois à un parcours du combattant. Pour Vladimir VELICKOVIC, l'exercice fut particulièrement laborieux. Le peintre m'avait donné son accord de principe et demandé, vu son emploi du temps, de repousser à quelques mois l'entretien.
Il fallut deux années pour aboutir ! Mais, son accord obtenu, rien ne pouvait décourager cette envie de recevoir un peintre dont l'œuvre laissait une telle empreinte dans la mémoire.

S'étant enfin rendu disponible pour nous consacrer le temps de l'entretien vidéo, Vladimir VELICKOVIC témoigna avec une grande sincérité sur les tourments rencontrés dans sa vie,notamment l'histoire douloureuse de son pays meurtri.
Récompense de notre patience, il accepta un tournage dans son atelier. Là, sa disponibilité fut sans économie et ce fut un privilège de le filmer dans ce corps à corps avec la toile. Vladimir VELICKOVIC a besoin de se mesurer à de grands formats sur lesquelles le geste , voire la violence, se déploient sans retenue. C'est ce souvenir de l'artiste au travail qui perdure. Travail m'apparaît comme un mot inadapté dans le cas de ce peintre qui me semble, en permanence, régler des comptes avec sa toile, avec sa mémoire, avec son angoisse.
Lorsque nous l'avons filmé, Vladimir VELICKOVIC plongeait au cœur d'une peinture sombre, rouge et noir, remplie de douleur, de fureur. Avec les pinceaux, mais également les doigts maculés de peinture, comme autant de blessures à vif, c'est une confrontation qu'il nous fut donnée de filmer.
Chez Vladimir VELICKOVIC, la peinture n'est pas un long fleuve tranquille.


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