C'est dans son atelier d'Arcueil, où Claude VISEUX habitait encore à l'époque de ce tournage avec lui, que ses œuvres se laissaient surprendre, placées çà et là dans son jardin. Curieux spectacle que ces germinations métalliques surgissant au détour d'une allée, comme autant de fantômes d'une industrie improbable qu'un savant fou aurait tenté de maîtriser.
Car, si ces œuvres en acier inoxydable ont le fini parfait d'une production industrielle, elles manifestent néanmoins leur inutilité technique, leur volonté de tromper le regard, jouant sur un déséquilibre, une croissance inattendue , soumises à une génétique incontrôlée.
Claude VISEUX, dans son témoignage en studio, nous décrit sa recherche prolifique. En effet,c'est bien un chercheur infatigable qui s'est d'abord dirigé vers la peinture pour aborder , au début des années 1970 la sculpture avec ces "structures actives" en acier inoxydable procédant de la production industrielle de série, par familles de formes combinatoires composant par addition, soustraction, multiplication, division, des dispositifs qui s'hybrident par greffes successives.
Parfois même l'œuvre devient sonore si on veut bien la bousculer. Dans son jardin d'Arcueil, Claude VISEUX nous donne un aperçu de ce concert de sculptures.
Le temps a passé; l'artiste est revenu vers le dessin, la peinture. Mais ces sculptures , érigées dans les villes, sont autant de clins d'œil incongrus à la civilisation industrielle, anti-design, non rentables.
Si, comme l'écrivait Jacques PREVERT, les architectes contemporains ont mis une fleur à leur bétonnière, Claude VISEUX , lui aussi architecte de formation, a créé des fleurs étranges , tressant une couronne iconoclaste à la reine industrie.
02 avril 2007
Hugh Weiss
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Jan Voss
Retour à l'encyclopédie
S’il est une œuvre qui s’échappe à chaque fois que l’on veut la saisir, c’est bien, à mon sens, celle de Jan VOSS.
Pourtant, le peintre allemand, installé en France depuis 1960, s’est retrouvé, un temps, assimilé à la Figuration narrative. Mais l’œuvre de Jan VOSS ne tenait pas en place ; elle s’est donc évadée de cette prison dorée pour d’autres horizons.
Dans son témoignage, l’artiste décrit ce besoin d’expérimentation, de critique de l’image, de recherche dans une sorte de brouillon permanent. Et comme le dessin et la couleur ne suffisent pas à sa curiosité impatiente, le peintre colle sur sa toile divers matériaux, cartons, grillages, objets divers et il peint sur ce support éclectique. La sculpture n’échappera pas à son désir d’explorer.
Les critiques d’art essaient de cerner l’artiste : « nomade », « art du déplacement », « passage », mais le peintre trouve une faille dans le filet et s’échappe de nouveau.
Bref, Jan VOSS est un artiste insaisissable. Peut-être faut-il accepter, comme conclusion très provisoire, cette phrase de Philippe PIGUET:
« Chacun des tableaux de Voss est un assemblage qui n'est lui-même que le fragment d'un tout. Et son oeuvre s'abîme de sa propre réflexion.»
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Claude Viseux
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Jacques Villeglé
11:27 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Claude Viallat
Le module vidéo réalisé avec Claude VIALLAT me semble être un des plus captivants de l’Encyclopédie. Dès le tournage, ce sentiment s’imposa.
Bien sûr, j’étais heureux de recevoir un artiste emblématique de la génération « Supports-Surfaces » et sa présence dans cet ensemble constituait déjà une grande satisfaction.
Mais, c’est d’abord l’entretien lui-même avec l’artiste qui m’apparut révéler un qualité particulière.
Après bien des difficultés, Claude VIALLAT trouva le temps , un soir, de venir témoigner au studio lorsque ses cours à l’Ecole nationale des Beaux-arts l’amenaient à Paris.
Je fus immédiatement frappé par la grande simplicité et la grande clarté du discours de l’artiste. Claude VIALLAT rendait accessible et compréhensible sans peine son approche de la peinture pour un public même totalement étranger à l’art contemporain.
Avec le recul du temps et le discours tenu par le peintre , il n’est pas difficile d’imaginer les tensions et les désaccords intervenus entre les membres du groupe « Supports-Surfaces ».
Manifestement, Claude VIALLAT se sentait loin des théories, loin de Paris .
Enfin, lorsqu’il décrit l’incident « hasardeux » qui lui fit choisir la forme devenue célèbre et répétitive dans son œuvre, Claude VIALLAT se retranche modestement derrière ce hasard qu’il eut le mérite de transformer en nécessité.
11:26 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Jean Verame
11:24 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Bernar Venet
Entre New York et le midi de la France, il a finalement été possible de capturer un moment Bernar VENET à Paris.
Capturer est le mot pour cet artiste qui ne tient pas en place, toujours à l'affût d'un projet, d'une idée.
L'entretien vidéo témoigne de ce bouillonnement incessant qui anime la vie de cet artiste.
Décrire la diversité de ses expérimentations n'est pas résumable dans une note. Dès le début de son activité, Bernar VENET se démarque des pratiques du moment. Les tas de charbons, les dessins de tubes industriels, les diagrammes mathématiques témoignent déjà de cette vivacité de chercheur.
Art conceptuel, arrêt de la production, enseignement, écrits sur l'art, reprise de la production, angles et arcs, lignes indéterminées. On s'essouffle à vouloir suivre l'énergie créatrice de celui qui est devenu sculpteur.
Les œuvres installées en milieu urbain se multiplient. Mais déjà, alors que cet aspect de son œuvre le situe de manière reconnaissable, Bernar VENET est reparti vers d'autres recherches.
Son témoignage pour l'Encyclopédie se déroule ainsi sur ce rythme effréné, de peur de ne pas tout dire, d'en oublier une partie, crainte de n'avoir pas fait le tour de sa richesse inventive.
Le jour de son passage trépident dans notre studio, Bernar VENET exprimait la déception de s"être vu refuser un projet pour l'exposition des Champs de la Sculpture: il avait posé une ligne droite gigantesque, adossée à l'arc de Triomphe, ramenant avec humour le monument à une autre échelle. Il me demanda de photographier le photo-montage du projet pour que l'idée ne soit pas perdue et serve au moins dans son module vidéo.
Les champs de la sculpture l'accueillirent néanmoins avec d'autres œuvres du sculpteur, plus sagement installées dans un parc, comme si Benar VENET pouvait rentrer dans le rang.
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11:23 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Vladimir Velickovic
La poursuite de l'investigation auprès des artistes s'apparente parfois à un parcours du combattant. Pour Vladimir VELICKOVIC, l'exercice fut particulièrement laborieux. Le peintre m'avait donné son accord de principe et demandé, vu son emploi du temps, de repousser à quelques mois l'entretien.
Il fallut deux années pour aboutir ! Mais, son accord obtenu, rien ne pouvait décourager cette envie de recevoir un peintre dont l'œuvre laissait une telle empreinte dans la mémoire.
S'étant enfin rendu disponible pour nous consacrer le temps de l'entretien vidéo, Vladimir VELICKOVIC témoigna avec une grande sincérité sur les tourments rencontrés dans sa vie,notamment l'histoire douloureuse de son pays meurtri.
Récompense de notre patience, il accepta un tournage dans son atelier. Là, sa disponibilité fut sans économie et ce fut un privilège de le filmer dans ce corps à corps avec la toile. Vladimir VELICKOVIC a besoin de se mesurer à de grands formats sur lesquelles le geste , voire la violence, se déploient sans retenue. C'est ce souvenir de l'artiste au travail qui perdure. Travail m'apparaît comme un mot inadapté dans le cas de ce peintre qui me semble, en permanence, régler des comptes avec sa toile, avec sa mémoire, avec son angoisse.
Lorsque nous l'avons filmé, Vladimir VELICKOVIC plongeait au cœur d'une peinture sombre, rouge et noir, remplie de douleur, de fureur. Avec les pinceaux, mais également les doigts maculés de peinture, comme autant de blessures à vif, c'est une confrontation qu'il nous fut donnée de filmer.
Chez Vladimir VELICKOVIC, la peinture n'est pas un long fleuve tranquille.
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Grégorio Vardanega
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Marcel Van Thienen
11:19 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


